lundi, mars 13, 2006

Que faut-il encore… ?

Sans être insolent au point de penser avoir atteint une quelconque apogée, encore moins présomptueux de me dire pouvoir l’atteindre un jour comme on poursuit tant de chimères, je m’interroge. Que faut-il encore que je fasse pour satisfaire aux canons qui me feront forcer de nouveaux barrages ? De quels subterfuges « sergentesques » me faudra-t-il user, sortants de quelles sabretaches ? Je pensais, en bon serf de mes débuts, m’être incliné de bonne grâce devant la tâche qu’on m’assignait. Puis, plus tard, à force de roches patiemment et silencieusement gravies, avoir fait allégeance à la virtù du Prince, le marché. Celui-ci me fît l’aumône d’une chance que je saisît pour ne plus la lâcher, me répétant d’abord le privilège qui m’était fait, tel l’ouvrier se convainquant de posséder ce qui ne lui revient pas avant d’y trouver le goût de la chose qu’il mérite. S’apprennent alors et se pratiquent langues et spécialités, s’acceptent et se conjuguent comme autant de gammes, petites compromissions et exercices de pouvoir, péages séparant le monde d’origine de celui du suzerain, de sa cour. Puis comme cela ne saurait suffire – car une cour ne reconnaît que ceux qui sont de son sang, bleu – se sacrifièrent les milliers d’heures d’une oisiveté qui aurait pu être douce avant d’être vice, le cœur vaillant pourtant et la conscience sereine de voir être payé le dû de la transfusion, faisant à l’envers ce que d’autres firent à l’endroit. Tout ça pour se voir remis devant le miroir des mensonges, sommé de s’inventer d’autres beautés qu’on ne possède, à l’image déformée d’un Roméo dont Juliette ne veut pas, coupable qu’il est de n’être pas né dans le bon cénacle. Le Prince est bien versatile et certaines de ses portes que je souhaiterais tant voir être entrouvertes – ou mieux, béantes – ne s’ouvriront pas au canon que je me suis fabriqué. Reste au vieux sergent à se remémorer des origines laborieuses qu’on s’échine à lui rappeler et ainsi se souvenir que le cœur du soldat ne s’ombre de pourpre qu’au prix des blessures reçues et que la seule véritable virtù…c’est la patience. J’en aurai comme j’en ai eu.

6 Comments:

Blogger Myriam said...

Ça me remet en mémoire, par la bande, d'autres histoires - où on vous rappelle que, bien que citoyen modèle, vous n'êtes jamais qu'un Italien déguisé en naturalisé - où on vous rappelle que, bien qu'ayant gravi les échelons à la force de vos qualités, vous n'avez pas fait l'Université - où on vous rappelle que, bien que maître dans votre domaine, vous êtes peut-être lieutenant-colonel mais pas EMG... Ça me rappelle d'autres histoires, d'autres blessures, et une multitude d'imbéciles qui confondent la valeur avec le blason. J'espère juste ne pas lire d'amertume entre vos lignes...

10:50 PM  
Blogger David Humair said...

Que dire? J'ai un papier qui me permet de mettre un Dr. devant mon nom. Je suis invité dans des grémiums où on se gargarise sur le futur des méchants et le passé des gentils. J'arpente l'adret de la courde de Gauss salariale et en fin de mois, lorsque j'ai payé tout ce que l'état social requiert et les nécessités d'une petite vie confortable mais sans plus (appart, voiture avec 130'000 km, etc) je me retrouve juste avec de quoi manger deux pizzas et pet-être aller une semaine dans le Sud de la France.
J'aurai dû faire avocat d'affaires ou dentiste!

8:38 AM  
Blogger The Old Sarge said...

Pas d'amertume, rassurez-vous. Ce n'est pas le genre de la maison. Juste une très temporaire interrogation sur le bien-fondé (que le milieu exige sans cesse) de mentir sur ce que je suis pour me faire faussement paraître tel qu'on voudrait que je sois. C'est le genre de choses qui insulte mon intelligence et partant, celle de celui ou celle dont je suis sensé gagner la confiance. Mais bon, pas de révolution à l'horizon (on va faire le poing dans sa poche comme disaient mes géniteurs) et qui sait, à force de mentir par obligation comme un arracheur de dents, je pourrais bien finir dentiste. Ce jour-là Variable, le cabinet sera ouvert à ton nom ;-)

1:07 PM  
Blogger David Humair said...

Comme disait Pépé, il faut faire avec ce que l'on a, et pas avec ce que l'on aimerait avoir.
Elle: Vous devez être dentiste!
Lui: Oui, comment le savez-vous?
Elle: Même un très bon dentiste!
Lui: Oui, pourquoi?
Elle: Car je n'ai rien senti!!

;-))

3:09 PM  
Blogger David Humair said...

AU cas où... Ah, ah, ah


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2:51 PM  
Blogger The Old Sarge said...

Dommage que mon casier ne soit pas vierge 8-)

7:56 PM  

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