lundi, mai 08, 2006

A l’essentiel

Au billet récemment publié par l’ami et voisin Variable (http://dahuvariable.blogspot.com/2006/05/de-lamiti.html) faisant référence à une situation tout aussi récente que partagée, je me permets ici de donner écho. Un écho que je souhaite être sobre et sincère.

D’avoir eu à vivre un premier imprévu briseur de conventions à l’heure où âge, rôle social et responsabilités familiales nous en pétrissent fut d’abord une rare surprise, un motif de discussion ensuite pour finir comme un grand courant d’air rafraîchissant, balayant l’attendu de la situation. Nous rappelant l’existence et le potentiel du grain de sable.

De s’être retrouvés autour d’une table anonyme - changement de décor radical - y devisant d’importantes choses du présent en lieu et place de ressasser les habituels mille souvenirs passés aura été pour moi signe de maturité relationnelle. Nous rappelant qu’on est ici maintenant, comme ça. Qu’hier on était, ailleurs, autrement.

D’avoir eu et pris du temps ensuite à l’évocation du tout et des riens qui le constituent, bercé d’un confort qui n’allait pas durer, revenant sur nos pas pour mieux nous en éloigner à nouveau fut un moment de paix luxueuse où le complexe sait s’exprimer par des mots simples. Nous rappelant que le sac est plus léger une fois débarrassé de son superflu.

De s’être vu errer au plus sombre de la nuit, en quête d’un abri chimérique, tournant en rond autour d’une solution connue sans se résoudre à son immédiate application aura été un petit d’instant d’aventure relative et un grand moment de liberté absolue. Nous rappelant le bonheur qu’il y a d’avoir le choix, qui prend toute sa dimension lorsqu’on ne l’a plus.

D’avoir eu à échanger le confort hospitalier de la mansarde promise contre une place derrière un volant que je venais de quitter, pour y sommeiller quelques heures à la lumière blafarde du néon fut pour moi un retour aux sources d’une amitié naissante. Qui nous voyait nous écrouler la nuit, vannés, dans les habits que nous portions le jour. Nous rappelant que la camaraderie vraie se cultive de simplicité et s’accommode du dérisoire des situations.

De s’être enfin dit au revoir autour de quelques cafés au goût de gages de survie dans la journée, revenant en riant sur l’absurde, le burlesque et le surréel d’une nuit que rien ne permettait d’imaginer, m’aura renforcé dans l’idée que l’important d’une amitié ne se mesure pas plus en temps qu’en distances. Une amitié ne se mesure pas d’ailleurs. Elle se vit. Nous rappelant qu’elle n’est jamais si belle que seule, vraie, nue, brillant dans la nuit, là où il n’y a qu’elle et rien d’autre.

1 Comments:

Blogger David Humair said...

J'en suis muet. Tu as totalement su transcrire l'essentiel. Essentiel venant sûrement d'essence. Tu as su extraire le vrai jus de ce qui est arrivé. Jus ou essence ou que sais-je. Mais on s'est effectivement approché de la base, dépouillée de tout artifice. C'est là qu'on se rend compte de la vraie valeur des choses, une fois qu'elles sont libres de toute superficialité.
Je suis heureux d'avoir vécu cela. Merci mon Ami

10:29 PM  

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