vendredi, avril 28, 2006

Alléluia

…hosanna, au plus haut des cieux. C’est maintenant une quasi certitude, la Squadra Azzurra sera championne du monde cet été en Allemagne !!! Qui le dit ? Les bookmakers britanniques ? La Gazzetta ? Elizabeth Teissier ? Moi ? Non, non, non, non, non. Vous n’y êtes pas. Mais alors pas du tout. C’est bien plus réfléchi, bien plus sage, bien plus fiable que tous ces derniers réunis. Comme rapporté hier par la Pravda de Kalvingrad-la-Grise, imaginez, bien chers lectrices et lecteurs (et pour ce faire il est tout indiqué que vous restassiez assis) que ce pronostic, que dis-je, cette prédiction est le fait – tout de sérieux, de professionnalisme et de succès garanti qui la caractérise – d’une équipe d’analystes financiers de l’UBS. Permettez-moi donc, dans le souci d’apporter une crédibilité journalistique à mes dires (et de ne pas me faire traiter de doux illuminé par la même occasion) de citer un extrait de l’article du journal susdit dans son édition d’hier : « Les cellules d'analyse de la banque suisse UBS sont reconnues dans le monde entier pour leurs prédictions sur les marchés boursiers, leurs perspectives économiques. Des «pronostics» issus d'outils statistiques de calculs mathématiques ou de comparaisons géopolitiques. Forts de leur expérience, et peut être gagnés par l'euphorie de la qualification de l'équipe suisse à ce championnat du monde organisé en Allemagne, les analystes de l'UBS ont décidé d'utiliser leur science pour établir des pronostics sur cet événement planétaire. Foin de théorie, voilà tout de go leurs conclusions scientifiques: l'équipe italienne sera victorieuse contre le Brésil en finale et sera donc sacrée championne du monde. Les stratégistes offrent ensuite au public impatient l'entier de leur simulation en prédisant que la Hollande perdra contre le Brésil en demi finale, un sort partagé par l'Argentine contre l'Italie ». Quand on connaît le succès commercial de l’établissement en question, jamais démenti depuis des lustres et encore confirmé ce printemps, l’on présume que celui-ci se construit sur des prédictions d’une fiabilité toute vérifiée. Fiabilité dont les banquiers/prophètes tentent de nous re-persuader en invoquant les prédictions passées, étalées sur les neuf précédentes éditions de la coupe du monde, avérées correctes dans 89% des cas pour ce qui concerne les demi-finalistes. Oui, oui, oui. Je vous vois venir. Il subsiste le risque d’une distribution statistique différente dans les confrontations des équipes constituant le dernier carré. Et 89% ne sont pas 100%. Et bla, bla, bla. Si vous voulez. Mais admettez que ça le fait, que ça en jette. L’UBS nous dit que l’Italie sera championne du monde ! Merde. C’est quelque chose, croyez-moi. Quand elle me dit que les taux hypothécaires vont monter, ils montent. Quand elle m’indique une baisse à venir sur les options et m’invite à vendre, je n’ai pas vendu qu’aussitôt il y a baisse. Quand elle me dit que – bon client que je suis – je suis exempt de frais de tenue des comptes, elle me les facture quand même ;-) Remarquez, pour les non-tifosi et pour tous les autres qui sont comme la fosse, ils peuvent toujours faire comme chez le médecin et demander un second avis à George Soros, peut-être a-t-il une vision différente du résultat, qui sait ? Quand à moi, je me contenterai de crier sous les étoiles que rien que pour ça, M. Ospel mérite bien son salaire. D’ailleurs si la prédiction se réalise au soir du 9 juillet prochain, j’enverrai une invite à l’assemblée des actionnaires pour qu’on le lui double et qu’on arrose à mes frais l’équipe d’analystes qui a pondu le pronostic. Le souvenir de Santiago Bernabéu vaudra bien ça.

2 Comments:

Blogger Myriam said...

Ah, cher Old Sarge! Vous pensez si je ne l'ai pas ratée, cette info! Je me suis même laissée aller à rêver: Italie championne du monde. A titre de comparaison, à l'occasion d'une "bête" élimination du Real par la Juve en demi-finale de Champions, je suis restée littéralement deux jours sans voix, aphone, et il m'en a fallu plusieurs pour redescendre de mon nuage... Alors là, je me suis prise à imaginer... l'inimaginable. En 82, j'étais encore une supportrice à ses débuts et j'ai construit ma vie de tifosa autour de ce souvenir légendaire. Italie championne du monde. Rien que d'y songer, mon petit coeur se débande, la tête me tourne, je décolle... 89%, c'est énorme et c'est rien. Et à rêver on prend le risque de retomber de haut. Je me suis forcée à remettre les pieds au sol. Momentanément. Mais la fièvre grimpe, grimpe, grimpe... Longue vie aux prévisions de l'UBS!

11:05 PM  
Blogger David Humair said...

Ouais, ouais... Comme disait Desproges, le Mundial, c'est ce tournoi où à la fin, c'est le Brésil qui gagne... Après Penta, on dit comment??

2:19 PM  

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