mercredi, juin 21, 2006

Hasard. Signes. Destin ?

L’un de mes premiers billets faisait état de la difficulté à changer de milieu professionnel lorsqu’on est estampillé – je dirais marqué au fer rouge comme le veau texan – spécialiste d’un domaine particulier. Un peu comme si l’appartenance audit domaine prenait largement le pas sur l’expérience humaine et les compétences transversales intrinsèques qui sont autant d’atouts majeurs sur lesquels capitaliser dans le pourvoi d’un poste, dans l’engagement d’un collaborateur. Un autre billet vous parlait d’un personnage fabuleux, Le Mathémagicien, qui est un soleil pour beaucoup d’âmes perdues dans la ténèbre des chiffres et un ami d’une fidélité et d’une dévotion peu commune. Ces deux billets n’en font maintenant plus qu’un, un troisième, et voici pourquoi… Travaillant sur un projet commun, on cause, on échange, on partage, ses soucis mais surtout ses envies, ses objectifs. On cause du passé pour mieux revenir au présent. On cause du passé. Après avoir quitté la banque il y a dix ans, le dernier acte majeur en connection avec ce domaine fut la signature d’un crédit hypothécaire auprès d’un banquier compétent, disponible, à l’écoute. Un type bien. Un autre. Comme il en existe quelques-uns qui sont trop bons pour rester où ils se trouvent et finissent immanquablement par progresser. Le Mathémagicien me dit que le profil que je brosse correspond à un de ces élèves et il me donne son nom. Pas possible !!!! Croyez-le ou non, mais c’est précisément la personne dont je lui parlais. Mon ancien conseiller, perdu de vue à la suite de sa promotion. Ni une ni deux, il m’est proposé de lui transmettre mon CV accompagné de quelques bonnes recommandations et de voir ce que ça donne. Un petit coup de piston ne fait jamais de mal, pas vrai ? Mais ce n’est pas tout. Revenons un tant soit peu en arrière. Causons à nouveau du passé. Du passé plus lointain encore. Apprentissage, 1990. Volonté de l’atypique de service de faire autre chose que de la routine d’arpète en entrant dans l’informatique bancaire, encore embryonnaire et pas institutionnalisée dans le programme de CFC. Lobbying maladroit, insistance, obstination et, probablement par lassitude des intermédiaires, opportunité d’entretien avec le boss du département y relatif. Mon discours le séduit, il me donne ma chance. Une chance m’avait-il dit. Pas deux. Une. Retour au présent. Cet après-midi le coup de piston m’a ouvert les portes d’un premier rendez-vous avec l’ancien conseiller susdit, spécialement intéressé par les profils atypiques (putain ça tombe bien me dis-je… très intérieurement). On cause, du présent et du passé relatif à l’entreprise en question (sorte de retour au point de départ dans tous les sens du terme), chronologiquement, j’explique mon trajet du début à l’arrivée. Je cite d’entrée de jeu le nom de la bonne âme qui m’avait donné ma chance il y a seize ans, comme le premier point marquant de ma carrière et BOUM !!! Pas possible !!! Me dit-il. Il a bien voyagé dans la banque, changé d'orientation et c'est maintenant mon responsable direct. J’ai déjeuné avec lui ce matin en lui parlant de votre CV, sans encore lui mentionner votre nom !!! Laissez-moi l’appelez et je lui dit de descendre nous rejoindre. Dix minutes et un joli choc émotionnel plus tard (un peu comme si un pan de passé tout entier revenait figurer le présent) je me retrouve devant des cheveux un peu plus gris, tout comme les miens, au souvenir vivace, prêts à m’offrir l’opportunité d’un entretien, à écouter mon discours, une deuxième fois. Seize ans après. Ne reste que le plus dur. Séduire encore et décrocher la chance, car il n’y en aura pas deux. Le challenge et ce qui se cache derrière (un nouveau métier, radicalement différent) dépasse les idéaux les plus fantasques que j’aie pu formuler et me remplit d’une belle et radieuse énergie. Mais tout de même. Pareil enchaînement de circonstances : hasard, signes ou destin ?

1 Comments:

Blogger David Humair said...

Mon cher, comme disait l'autre, le monde est bien petit! Mais il est des relations qui perdurent tout au long de l'existence. Il est des gens qui croisent perpétuellement notre chemin et qui finalement joue un rôle majeur dans notre vie. J'ai aussi quelques personnes comme cela sur mon chemin. Des gens qui ont un premier rôle tout en étant en arrière de la scène. Des gens qui formattent ce que je suis par des discussions, des coups de pouce, des partages, tout en étant rarement près de moi. Ceux-là sont les plus précieux, les plus importants... Plus importants que les ventilateurs qui nous bassinent à longueur de journée avec leurs platitudes, sous prétexte qu'ils sont des collègues ou qu'on leur doit une fière chandelle car un jour ils nous ont invités à un apéro où était aussi invité "le gratin"... Mais dans le gratin, il y a aussi la couche qui colle au plat!!

Saches bénéficier de ces jokers qui joue un rôle majeur dans notre existence!!

8:38 AM  

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