mardi, avril 11, 2006

Philosophie de salon

Cogito ergo sum. Je pense, donc je suis. Et j’écris. Scripto donc. Ergo sum, à nouveau. J’écris, donc je suis. Je pense, j’écris, je suis. Tout bien pensé, je pense ce que j’écris sans toujours écrire ce que je pense. Mais toujours je suis, puisque toujours je pense. Sans quoi je ne serais plus. Je pense même être ce que j’écris sans que j’y pense pourtant lorsque je le suis, alors que néanmoins je pense. Cependant, et tout bien écrit, je pense être celui que je pense au moment où je le suis, sans forcément l’écrire, alors que pourtant j’y pense. Que penser suffit à être. Sans oublier que toujours je suis ce que j’écris, sans toutefois être ce que je pense quand je l’écris. Ainsi, suis-je parce que je pense ou par ce que j’écris ? Parce que j’écris ou par ce que je pense ? Et ne dois-je pas tout simplement être pour penser, donc pour écrire et l’écrire ? Nous sommes conscients avant de naître, certes, mais le sommes-nous avant d’être ? Et s’il faut penser pour être, ne serions-nous tout simplement pas puisqu’il nous faut être pour penser ? Cogito ergo sum ? Scripto ergo sum ? Ou sum tout court ?

5 Comments:

Blogger David Humair said...

On dirait du Raymond Devos! Magnifique! Belle refléxion sur la pensée, qui nous rappelle, jour après jour, que nous sommes. J'éponge donc j'essuie!!

9:40 PM  
Blogger The Old Sarge said...

Oulah... c'est aller bien loin en compliments... (mais tant qu'à faire je les prends quand même 8-)

Comme pourrait le dire Steevy, remettons les pendules à leur place et rendons à Cézanne ce qui lui appartient ;-)

9:43 PM  
Blogger David Humair said...

C'est pas Steevy qui a dit ça, c'est Dostoievsky, le premier qui est allé dans l'espace!!

9:47 PM  
Blogger Myriam said...

Ce qui me plaît, dans votre post, c'est que la dictature du faire n'a rien à y faire - dans le sens sartrien "je suis ce que je fais" - que le faire trouve une autre définition: je pense/je suis, donc j'écris, donc je suis/je pense, et vice-versa, donc je fais. Il faut le faire, comme dirait la repasseuse...

11:51 PM  
Blogger The Old Sarge said...

Et oui Mafalda, la dictature du faire pourra repasser. Je ne suis tellement pas ce que je fais que j'ai choisi un pseudo relatif à ce que je ne fais plus. Donc au titre sartrien (oulah ça me donne la nausée ;-), je ne suis plus. Plus sergent en tous cas. Ce qui a le dont d'agacer quand on est sans être en fait. Des combines donc à ne plus savoir où ni qui je suis en l'étant et y étant tout de même. C'est pour ça que j'y pense ;-)

7:14 AM  

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