vendredi, mars 24, 2006

Barjaque au bout du lac de G’nève

[En référence à un récent commentaire de mon ami l’animal scoliosé, m’interpellant d’un affectueux 'tes zigues', et pour démontrer à mon lectorat essentiellement 'quétois' qu’au bord de l’Autre lac on sait pratiquer une rhétorique rupestre qui égale celle ayant cours de Vaumarcus au Locle, de la Côte-aux-Fées aux Bugnenets, voici un billet teinté d’accent à la Gueule Elastique. De Dieu !]

Mes colles, qu’ai quitté G’nève depuis un bout d’temps pour crécher chez les pedzou d’à côté, j’ai plus trop l’accent. Mais faut voir les copains, ceux qui descendent en bas Carouge un vendredi soir de morfle. De Dieu, de Dieu ! Ca babole à tout va, ça râle, ça se plaint de tout, en creusant les ‘eu’ et en mettant des circonflexes sur les ‘o’ : « Eh M’dame, un Côca s’iouplait ! ». Comme au bon vieux temps. Du g’nevois vrai de vrai, pas foutu de poser une grolle devant l’autre sans pousser des bouëlées contre la créativité budgétaire du P’tit Marquis Rouge ou les commissaires du peuple de Dédé la Matraque. Ca bringue sans arrêt qu’y roille, qu’y fait une tiaffe pas possible, qu’on gadrouille dans la peuffe des travaux du tram : « Mais de Dieu, de Dieu, c’te bande de taborniaux. Y z’arrêtent pas d’faire des trous partout. On peut plus rouler en bagnôle nulle part ! ». Plus rien à voir avec quand on était des bouèbes. Nos colles, des bisules qu’on descendait aux Charmilles été comme hiver par paquets de cinq dans la chignôle du voisin, à cicler des « Allez Servette ! » et gueuler sur l’arbitre en glaglatant au bord du terrain. A force de faire les ch’noillons on finissait des fois par se ramasser une bonne trempe. « On va mé s’faire engueuler », qu’on disait. Mais au moins ça râlait en g’nevois ! Aujourd’hui, les crouilles qui font des cavilles, y z'ont l’accent de la banlieue d’Paris, pas celui qu’on cultivait de Champel à Onex, sûrs qu’on était les rois du monde. C’est plus bonnard comme avant, de Dieu ! J’te fouterais une de ces trivaste à c’te bande de boffiaux : « …vais d’apprendre à jacter le patois du coin moi » ! De Dieu ! Ouais, tout se perd quoi. Même à l’Escalade, voilà qu’y z’invitent les frontaliers à la fête. Pis quand tu vas au salon d’l’auto, y te donne plus d’autocollants aux mioches, c’est fini ça. D’ailleurs ça cause que bourbine aux stands et plus possible d’y becter du taillé aux greubons. Et après, ces zigues y s’étonnent que les gens grinchent ! Mais qu’on rende Genève aux G’nevois, De Dieu !

3 Comments:

Blogger David Humair said...

Arrêtes ouar! Moi j'viens d'la Tchaux, un meuqueux, un vré. L'été, j'le pâsse dans mon kikajon, loin du Pod où y a trop d'bridés qui vont voir les toquantes pis les coucous au musée d'l'horlogerie. On s'fait une torrée avec une chiée d'dard, pis on mange du totché avec un coup d'bleue. Pis en sortant les vaches avec leur potets, y a l'bouèbe qui pousse le clédard à côté du passage à vaches. En automne, on mange des écailleux pis après on a une riclette du tonnerre...
La belle vie, quoi

3:42 PM  
Blogger Myriam said...

Vous z'êtes pire que des manoîllons, pire que mon vatr qui schlaguait le katz avec un steck en bas la strass. Le vatr qu'on attendait sur après avoir retiré les cafignons de la cavette...

10:53 PM  
Blogger The Old Sarge said...

Il faut décidément que je retourne me payer une bonne tranche de pays Neuch' au plus vite !

Car rien n'est plus charmant aux oreilles du Genevois d'origine que je suis qu'entendre une bonne vieille répartie entre ceux du haut et ceux du bas, avec force accent du terroir.

Dommage que le blog n'offre pas la version sonorisée de vos propos ;-)

10:12 PM  

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